Patrimoine suisse : passage de témoin à la tête de la section vaudoise


18 mai 2023

Après une présidence marquée par une forte implication et de nombreux succès, Béatrice Lovis a transmis le témoin à Muriel Thalmann le 13 mai dernier.

Lors des six ans de présidence de Béatrice Lovis, la section vaudoise de Patrimoine suisse a intensifié son action politique et sa présence médiatique, rajeuni et renforcé son comité, élargi son offre culturelle et mis en valeur le domaine de La Doges à La Tour-de-Peilz, tout en développant la médiation autour de la culture du bâti.

Patrimoine suisse, section vaudoise, tourne ainsi une très belle page de son histoire. Le Comité remercie Béatrice Lovis pour son engagement sans faille, son dynamisme et sa passion qui ont permis d’améliorer la visibilité de Patrimoine suisse sur sol vaudois et de contribuer à la préservation du patrimoine bâti. Il se réjouit de pouvoir continuer de compter sur son expérience et ses compétences, puisque Madame Lovis reste membre du comité.

Lors de l’Assemblée générale du 13 mai 2023, qui s’est déroulée au Château de La Sarraz, les membres de l’association ont désigné leur nouvelle présidente. Économiste et députée au Grand Conseil vaudois, Muriel Thalmann s’est particulièrement impliquée ces dernières années dans les dossiers relatifs à la politique patrimoniale du canton de Vaud. Elle a notamment présidé la révision de la loi sur la protection du patrimoine culturel immobilier (LPrPCI) et déposé différentes interventions parlementaires en lien avec des objets dont la protection était insuffisante.

Comptant poursuivre sur la même ligne que sa prédécesseur, Madame Thalmann se réjouit de relever les grands défis auxquels le patrimoine bâti et paysager vaudois est confronté et de renforcer la collaboration avec l’ensemble des partenaires impliqués. Parmi les enjeux actuels, il s’agira notamment de favoriser la transition énergétique tout en préservant le patrimoine bâti, de s’assurer du classement ou de la mise à l’inventaire du patrimoine du XXe siècle, ou encore d’améliorer la formation des métiers du bâti.

La Tour-de-Peilz, le 18 mai 2023.

Après six années, Béatrice Lovis quitte la présidence de Patrimoine suisse, section vaudoise


1 avril 2023

BILLET DE LA PRESIDENTE DE PATRIMOINE SUISSE VAUD

Chers Amis du patrimoine, chers Membres,

Il est temps de tirer ma révérence après ces six années passées à la tête de la section vaudoise de Patrimoine suisse. Cette présidence est assurément l’expérience professionnelle la plus riche et la plus dense qu’il m’a été donné de vivre. Que de rencontres lumineuses, que de projets et de débats passionnants auxquels j’ai eu la chance de participer ! Il faut assurément avoir un esprit quelque peu donquichottesque pour endosser une telle fonction, tant la tâche est immense et l’énergie qu’on doit y mettre semble dérisoire. Étant d’un naturel optimiste, je pense que malgré certains résultats décourageants, des petits pas ont pu être réalisés en faveur de la cause patrimoniale pendant ces six années et que les effets positifs seront mesurables plus tard.

Il est ainsi difficile de tirer un bilan de cette présidence, aussi parce que toute impulsion donnée ou action que j’ai menée a été réalisée en concertation avec mon Comité, dont le soutien et l’investissement m’ont été très précieux. S’il faut reconnaître que la situation générale du patrimoine bâti et paysager s’est détériorée depuis 2017, il me semble toutefois avoir réussi à donner à notre association une plus grande visibilité non seulement au niveau médiatique, mais aussi et surtout dans les milieux patrimoniaux et politiques. J’ai pu renforcer ou nouer de nouveaux liens qui ont permis de faire de notre association un interlocuteur presque incontournable pour les dossiers touchant au patrimoine bâti vaudois. J’ai également pu positionner la section vaudoise comme l’une des plus importantes au sein de Patrimoine suisse. Certes, notre association est encore peu connue du grand public, malgré tous les efforts déployés (visites guidées gratuites, rencontres, publications, événements divers, etc.). Notre structure bénévole n’a pas suffisamment de forces vives pour sa propre promotion, qui est un métier en soi et un investissement de tous les instants. J’ose espérer que la création de l’Antenne romande de Patrimoine suisse, dont le siège est à Lausanne, nous aidera à mieux faire connaître notre section, notamment auprès du jeune public.

Je quitte la présidence, mais resterai toujours active au sein du Comité, et je suis très heureuse de pouvoir confier les rênes de l’association, le 13 mai prochain lors de l’Assemblée générale de PSSV, à Muriel Thalmann, économiste et députée au Grand Conseil, une personne de grande compétence et qui renforcera notamment nos liens avec les autorités cantonales. Elle a toute ma gratitude pour avoir accepté de me succéder.

Il ne me reste plus qu’à remercier chacun d’entre vous pour votre soutien et vos nombreux mots d’encouragement qui m’ont toujours beaucoup touchée et redonné du courage pour aller de l’avant.

Béatrice Lovis

Prilly, le 2 avril 2023

Le stade de la Pontaise toujours menacé de démolition


29 mars 2023

« Le stade de la Pontaise est le monument le plus emblématique des infrastructures sportives lausannoises. Son importance tient à plusieurs éléments : les raisons qui ont amené à sa construction, l’innovation technique mis en œuvre, et les grands événements qui s’y sont déroulés ». Issu d’un concours d’architecture gagné par l’architecte Charles-François Thévenaz, le projet « parvient à combiner l’ensemble des exigences avec brio. […] Une caractéristique forte réside dans la forme des tribunes, où visibilité et confort des spectateurs et spectatrices sont les mots clés. […] L’élément de l’ouvrage de la Pontaise le plus souvent remarqué est la toiture des tribunes […] avec son porte-à-faux en béton armé de 18,18 m de dégagement et ses seuls 8 cm d’épaisseur […]. Cette remarquable réalisation s’inscrira dans le corpus de l’architecture sportive au niveau international ». Voici ce qu’on peut lire dans l’ouvrage « Lausanne Ville sportive », paru en 2022 (dir. G. Quin et C. Schmutz-Nicod, SHAS).

La grande valeur patrimoniale du stade a été largement reconnue, notamment par la Commission cantonale d’évaluation du patrimoine du XXe siècle, puisqu’elle propose de lui attribuer la note 1 (d’importance nationale) et de le classer Monument Historique. Malheureusement la Municipalité de Lausanne fait fi de cette appréciation et risque de faire disparaître une construction unique en Suisse. En août 2022, notre section a écrit, une fois encore, à la Municipalité demandant que le futur quartier des Plaines-du-Loup intègre le stade dans la planification en tant qu’équipement sportif et culturel. Pour des raisons à la fois patrimoniales, écologiques et financières, cette solution nous paraît souhaitable. A ce jour, notre demande n’a pas été suivie d’effet. Actuellement le dossier se trouve entre les mains de la Conseillère d’Etat Isabelle Moret, en charge du patrimoine. Nous espérons vivement que Mme Moret suive les recommandations des experts et mette ainsi à l’abri cette construction emblématique.

Alexandre Antipas, président de la Commission technique de PSSV

Lien vers la Liste rouge de Patrimoine suisse: www.heimatschutz.ch/rote-liste-detail/lausanne-vd-stade-olympique-de-la-pontaise

Blonay – Plan d’affectation “Sur le Crêt”: un échec pour le patrimoine


29 mars 2023

En 2020, la Municipalité de Blonay mettait à l’enquête un plan d’affectation (PA) au lieudit « Sur le Crêt ». Ce projet prévoit la démolition de bâtiments situés en majeure partie dans le périmètre construit « Vieux Village » pour lequel l’ISOS émet l’objectif de sauvegarde « A » et recommande une « surveillance particulière pour toute transformation, même de détail, à l’intérieur du périmètre principal ». Quatre bâtiments du périmètre concerné portent la note 4, signifiant qu’il s’agit d’objets intéressants et bien intégrés. Ces bâtiments, construits pour la plupart au milieu du XIXe siècle, forment un ensemble cohérent et contribuent à l’identité villageoise de Blonay. Notre section a donc fait opposition à ce PA estimant que la perte d’identité du bourg serait regrettable et irréversible. Les raisons de rentabilité locative ne suffisent pas à elles seules pour justifier cette perte patrimoniale.

La Commune ayant levé notre opposition, nous avons déposé un recours auprès du Tribunal cantonal. Ce recours a donné lieu à une visite sur place, avec les parties concernées. La Division de Monuments et Sites nous a par ailleurs largement soutenus dans cette démarche. Malheureusement, en février dernier, le Tribunal nous a donné tort. Le Tribunal se livre à une appréciation sévère des bâtiments pour conclure que leur intérêt est modeste, individuellement ou pris comme un ensemble. En résumé, il valide la pesée des intérêts effectuée par les autorités communales.

Blonay, PA « Sur le Crêt » proposé par la Municipalité, image de synthèse.

Ce jugement est très regrettable car la plupart de nos villages comportent une majorité de bâtiments en note 4. Cette note ne justifie en aucun cas leur démolition. Bien au contraire, notre section estime que ceux-ci doivent être conservés, car ce sont eux qui génèrent l’image de nos bourgs et de nos campagnes. Le cas de Blonay – une commune qui a déjà subi des pertes patrimoniales importantes ces deux dernières décennies – nous paraissait emblématique. Nous ne pouvons que déplorer ce jugement qui met ainsi en péril la majorité des constructions à valeur patrimoniale.

Rappelons que la protection des bâtiments en notes 3 et 4 incombe aux Communes. Pour cela, le meilleur moyen est que les règlements communaux prévoient des articles spécifiques concernant ces bâtiments (interdiction de démolir sauf cas particuliers, respect des matériaux d’origine en cas de travaux d’entretien, etc.). Il est plus que jamais nécessaire que les Communes prennent leurs responsabilités et comblent les lacunes que pourraient présenter leurs règlements. Notre Commission technique reste à disposition pour les conseiller.

Le patrimoine vaudois dans notreHistoire.ch


16 mars 2023

Créée par la Fondation pour la sauvegarde du patrimoine audiovisuel de la Radio Télévision Suisse, la plateforme participative notreHistoire.ch raconte l’histoire de la Suisse romande au travers de documents privés mis en ligne par le public, une autre façon de découvrir le patrimoine de sa région

notreHistoire.ch, plateforme d’histoire partagée

Depuis 2009, le site notreHistoire.ch accueille de manière gratuite l’histoire des gens. Conçu dans le sillage du chantier de numérisation des archives de la Radio Télévision Suisse, cette plateforme participative valorise les photos de famille, les films amateurs et des témoignages insolites documentant l’histoire de la Suisse romande et de ses habitants.

Se situant à mi-chemin entre la boîte à merveilles et l’archive sociale, notreHistoire.ch révèle des instantanés de vie, souvent inédits, qui peuvent être croisés avec les documents provenant d’institutions patrimoniales. En favorisant une démarche de co-construction de la mémoire collective, notreHistoire.ch offre un espace d’échange et d’expression unique en Suisse.

Convaincue que chaque document contribue à former une histoire plus grande, la webédition de la plateforme sollicite régulièrement la communauté par des appels à publication. Abordant aussi bien le scoutisme que la tradition du carnaval ou encore l’enseignement dans les écoles ménagères, tous les pans de la vie quotidienne peuvent y être abordés. Avec près de 108 000 documents et une communauté de 6800 membres, le projet porté par la plateforme s’est forgé une place sur la toile et dans le cœur de nombreux « e-historiens ».

Son concept a essaimé, puisque la plateforme possède depuis 2017 des sites partenaires : lanostraStoria.ch, pour la Suisse italienne, et la nossaIstorgia.ch pour les Grisons. En février 2023, la Suisse alémanique a rejoint l’aventure grâce à unsereGeschichte.ch, ouvrant la voie à une nouvelle manière de raconter de l’histoire suisse, par et avec les documents du public.

Restauration du beffroi de la cathédrale de Lausanne, photographie anonyme, s.d. (avant 1900) © Sylvie Bazzanella / Fonsart – notreHistoire.ch

Le patrimoine à la loupe

Parmi les thèmes phares de la plateforme, le charme des vieilles pierres et le patrimoine bâti possèdent son lot d’irréductibles. De nombreuses galeries partagées abordent la transformation des paysages et des villes. A l’heure où une importance toujours plus grande est donnée à la « culture du bâti » par la Confédération et les cantons, les documents publiés sur notreHistoire.ch offrent un observatoire avancé du rapport que la population entretient au patrimoine local.

Outre les fleurons patrimoniaux vaudois que sont le château de Chillon ou la cathédrale de Lausanne, notreHistoire.ch permet aussi d’aller à la rencontre d’un patrimoine de proximité, possédant une valeur d’attachement, mais dont la trace échappe souvent au recensement cantonal. Cette dimension affective des lieux qui émane de photographies privées, dont la circulation est longtemps restée limitée au cadre familial ou amical, donne un accès inédit au patrimoine bâti, révélant au passage les trajectoires de vie de celles et ceux qui l’ont construit, aimé ou habité.

Ce partage de souvenirs incite le public à échanger des informations en marge des documents publiés, ce qui tisse des liens précieux entre les membres. Au détour d’une photographie, certains identifient au passage un cousin ou une cousine lointaine, dont on avait perdu la trace.

Musées virtuels de particuliers

Parmi les monuments présentés par les membres de notreHistoire.ch, quelques galeries se distinguent par le regard qu’elles jettent sur l’architecture régionale. La présentation de deux d’entre elles permet de se rendre compte de la motivation de leurs auteurs qui s’interrogent sur le devenir de lieux familiers:

Collège de Romairon-Vaugondry, carte postale, photo J. Spalinger – Yverdon, 1904 © Yannik Plomb / Fonsart – notreHistoire.ch

Yannik Plomb s’est intéressé aux collèges du Pays de Vaud. Remarquant qu’en Suisse romande, le mot « collège » n’a pas la même signification partout, il s’est concentré sur une spécificité toute vaudoise.  En effet, en Pays de Vaud, le terme de collège peut être donné au bâtiment dans lequel se tiennent les classes de l’école primaire et/ou du secondaire inférieure. Ainsi, le Collège de Fontanezier était autrefois une école primaire, alors que le Collège de Grandson est bel et bien une école secondaire. Constatant qu’aujourd’hui les collèges des petites communes rurales sont souvent transformés en salles de réunion ou en appartements, Yannik Plomb a récolté et mis en ligne avec l’aide de la communauté de notreHistoire.ch, les témoignages de cette évolution. Cartes postales d’antan et photographies actuelles relatent la mue de ces bâtiments publics chers indispensables à la vie scolaire et associatives des communes.

Comparaison du temple d’Avenches : dessin de E.-D. Turrian (1896) et photographie de W. Rueger (2018) © Willy Rueger/ Fonsart – notreHistoire.ch

Willy Rueger s’est pour sa part intéressé de près aux églises et temples vaudois. Sur la base des dessins illustrant Les temples nationaux du canton de Vaud publié en 1896. Il est allé, appareil photo à la main, saisir sur le vif et à un siècle de distance l’évolution des édifices religieux du canton de Vaud. Sur la base des dessins d’Émile-David Turrian (1869-1906), il confronte à la gravure une prise de vue de l’édifice réalisée sous le même angle. Cette mise en parallèle du dessin et de la photo s’avère saisissante. Le recul historique permet de mesurer la pérennité architecturale ou au contraire l’ampleur des transformations réalisées sur les édifices. En s’intéressant de manière sérielle à l’évolution de ce patrimoine, Willy Rueger témoigne à hauteur d’homme de l’attachement qu’il voue aux clochers qui ponctuent la campagne vaudoise.

Patrimoine suisse, section vaudoise sur notreHistoire.ch

Consciente que la diversité de ces témoignages nourrit le rapport que l’on entretient à son cadre de vie, la section vaudoise de Patrimoine suisse a ouvert un profil sur la plateforme. Elle invite ses membres à la rejoindre pour publier et faire connaître le patrimoine qui leur tient à cœur. Bâtiments insolites, héritage industriel, mais aussi témoignages en prise directe avec les transformations urbaines passées ou actuelles sont autant de possibilités de participer à l’échange et de faire apparaître des documents rares amenant une connaissance renouvelée du bâti.

Pour assurer une visibilité aux publications faites en ligne, le site internet de la section vaudoise de Patrimoine suisse déploie un widget (fenêtre multimédia) sur ses pages qui relayera l’actualité des dernières publications sur le patrimoine vaudois faites sur notreHistoire.ch. Une manière d’entretenir la curiosité.

Comment participer à notreHistoire.ch ?

Pour publier sur notreHistoire.ch, un profil d’utilisateur est nécessaire. L’enregistrement se déroule directement en ligne sur la plateforme et l’inscription est gratuite. Chaque membre peut alors publier les documents venant de ses albums privés. La plateforme offre également un forum dans lequel l’aide de la communauté peut être sollicitée pour une recherche particulière.

Webéditrice responsable de notreHistoire.ch : Valérie Clerc

Cycle de conférences: « Patrimoine et archives, pour quelles mémoires? » par G. Coutaz


9 février 2023

Directeur honoraire des Archives cantonales vaudoises, membre fondateur de RéseauPatrimoineS, Gilbert Coutaz donnera prochainement un cours dans le cadre de Connaissance 3, l’Université vaudoise des seniors.

«Nous serons ce que nous conservons.» Comment une telle affirmation résonne-t-elle et reflète-t-elle les paradoxes de la conservation: contenu, accaparement, manipulation et destruction? En quoi la culture de l’effacement et les politiques d’éradication identitaire traduisent des luttes de pouvoir et de formatage de la pensée? Autant de questions qui seront débattues dans le cadre de ce nouveau cours, fondé sur le questionnement de deux domaines de la connaissance et de l’évolution de l’humanité, en termes de repères (repaires) de leurs valeurs, dans leurs fonctions de transmission et de jalons de l’avenir.

Depuis 2011, les autorités vaudoises ont renouvelé l’ensemble du dispositif légal et réglementaire du patrimoine et de l’archivage. L’exemple vaudois servira de cas d’étude, tout en l’inscrivant dans un environnement général. Le cours se veut interactif et veut tirer profit des participants qui peuvent faire valoir une épaisseur de vie et un discours mémoriel. Il révèle, à plusieurs égards, l’ambiguïté et les contradictions de la relation avec la mémoire, une manière d’outrepasser la mort.

Ce cours se terminera par une visite guidée des Archives cantonales vaudoises.

mardis 21, 28 février, 7, 14 et 21 mars 2023, de 10h30 à 12h, à l’Espace Riponne de Lausanne

Prix: 150 fr. adhérents et membres de Patrimoine suisse, section vaudoise (180 fr. non-adhérent) pour 5 séances, visite des Archives cantonales comprise.

Plus d’infos et inscription sur https://wp.unil.ch/connaissance3/2023/01/culture-patrimoine-et-archives-pour-quelles-memoires

Hommage à Christiane Betschen (1935-2022), ancienne présidente de Patrimoine suisse, section vaudoise


1 février 2023

« Christiane Betschen-Piguet a quitté ce monde le 6 décembre 2022 après une existence pleinement vécue. » C’est ainsi que sa famille a si justement libellé le faire-part de décès.

Christiane a commencé sa vie professionnelle par une école de secrétariat, qui n’était pas vraiment son choix. Déterminée, elle entreprend en 1956 des études à l’Ecole d’Architecture de Genève, couronnées par le diplôme. En 1970, elle est engagée par un bureau privé d’architecture et de conseil à Lausanne, Bevilacqua, Urech et Zentner. Là, elle contribue notamment à la préparation d’un premier Plan de protection de Lavaux et travaille sur divers projets d’aménagement à La Côte. Elle entre ensuite à la Ville d’Yverdon en qualité de cheffe du Service d’urbanisme, aux côtés de feu André Rouyer, excellent membre de notre Comité.

Au temps des études, elle épouse Georges Betschen, ingénieur en génie civil, alors en poste à Zermatt pour Grande-Dixence SA, et qu’elle retrouvait le week-end (époque héroïque !). Son mari, qui collaborera par la suite avec divers bureaux d’ingénieurs, était un excellent violoncelliste et enseignait son art à la Vallée de Joux. Il décède hélas peu après que le couple eut déménagé de Begnins à La Vallée, leur projet de retraite. Ils auront deux filles et six petits-enfants, lesquels seront proches de Christiane toute sa vie. Quoi de plus naturel avec une érudite si joyeuse et démonstrative !

Quelques membres de notre Comité avaient fait sa connaissance avant qu’elle n’entre de plain-pied à la Société d’Art Public, devenue Patrimoine Suisse, section vaudoise. Dès son arrivée en 1997, elle est élue présidente et le restera jusqu’en 2006. Neuf années à travailler bénévolement à 100 % dans l’intérêt des sites et monuments vaudois, des plus modestes aux plus prestigieux. Rapidement, elle doit assumer l’héritage du domaine de La Doges à La Tour-de-Peilz, légué à l’association au décès d’André Coigny-de Palézieux. Il faut organiser l’expertise des bâtiments et l’inventaire du mobilier, assurer les premiers grands travaux d’assainissement et la réalisation d’un logement pour les intendants, structurer les finances et leur contrôle, entretenir les relations avec les locataires et le jardinier, et mille tâches qui demandent énergie personnelle et cohésion du Comité. Nous nous souvenons de ces séances où elle abordait les questions tranquillement, puis les cercles de sa pensée (et de sa stratégie, peut-être) se resserraient pour atteindre le centre de la cible et obtenir, sans forcer, l’assentiment des collègues. Christiane avait aussi le talent d’attirer de nouveaux membres.

Après avoir cédé la présidence à Denis de Techtermann, Christiane restera au Comité pour continuer d’aider l’association et participer aux différentes commissions. Outre son implication au sein de Patrimoine suisse, elle assure la présidence du conseil de la Fondation La Coudre – Société d’Art Public pendant plus de dix ans, jusqu’en 2017 ; elle initie le sauvetage – à partir de rien, mais avec l’aide de Pro Natura – de la ferme des Mollards-des-Aubert dont elle présidera la Fondation de 2004, date de sa création, jusqu’à 2014.  Elle intègre aussi le comité de l’Association Romande pour les Métiers du Patrimoine Bâti, association chargée de gérer un projet Interreg (transfrontalier) de perfectionnement dans les métiers traditionnels de la construction.

Nous devons à Christiane une immense reconnaissance pour le travail qu’elle a accompli. Mais cela ne s’arrête pas là : nous aimions Christiane pour sa joie de vivre, sa convivialité, son amitié. C’était une Dame exceptionnelle.

Olivier Rapin, anc. président de la section vaudoise de Patrimoine suisse (1991-1997), janvier 2023

L’Ouest lausannois, la culture du bâti et le Prix Wakker à l’honneur le 26 novembre 2022


13 novembre 2022

La Distinction de l’Ouest 2022 sera remise le dernier jour de célébration des 50 ans du Prix Wakker sur sol vaudois, le 26 novembre prochain. Patrimoine suisse et l’association «Ouest lausannois: Prix Wakker 2011» invitent conjointement le public à cette journée. Visite guidée, conférence, table ronde, exposition et remise de la Distinction de l’Ouest 2022 sont au programme. Pas moins de 21 réalisations architecturales, urbanistiques ou infrastructurelles récentes ont été évaluées par le jury de la Distinction de l’Ouest 2022. Cette distinction contribue à partager et promouvoir la culture du bâti et souligne la qualité de constructions  qui constituent déjà le patrimoine de demain.

La Distinction de l’Ouest a été attribuée la première fois en 2018 à cinq réalisations exemplaires. Créée par l’association «Ouest lausannois: Prix Wakker 2011» et les Communes de l’Ouest lausannois, elle porte sur des réalisations architecturales, urbaines ou paysagères achevées et récentes et constitue une vitrine de ce qui se construit actuellement sur le territoire. Récompensant également les maîtres d’ouvrage, la Distinction de l’Ouest ne considère pas les objets uniquement pour eux-mêmes, mais aussi leur intégration en contexte urbain, dans l’esprit du Prix Wakker attribué par Patrimoine suisse. Chacun·e est invité·e au riche programme proposé lors de cette journée du 26 novembre qui se déroulera à Ecublens.

Programme

10h30-12h30 Visite guidée «Ouest lausannois, aujourd’hui et demain», avec Benoît Bieler, directeur Stratégie et développement de l’Ouest lausannois, et Christian Schülé, historien et archiviste de la Ville de Renens. Départ: place sud de la gare de Renens. (inscription, voir ci-dessous)

14h30-15h30 Conférence du prof. honoraire Bruno Marchand, «Le paysage de la modernité»

16h00-17h00 Table ronde «Culture du bâti: quel apport du Prix Wakker et des distinctions romandes?»

Claudine Wyssa, syndique de Bussigny, présidente de Stratégie et développement de l’Ouest lausannois (SDOL)
Pauline Nerfin, historienne de l’architecture, co-présidente de la section genevoise de Patrimoine suisse
Manuel Bieler, architecte, co-président de la FAS Romandie, membre du comité de la Distinction Romande d’Architecture (DRA5)
Marc Frochaux, historien de l’art et architecte, rédacteur en chef de la revue Tracés
Modération: Monique Keller, architecte, journaliste et ancienne curatrice du Prix Wakker

17h30 Remise de la Distinction de l’Ouest 2022 et Présentation du livre sur la Distinction 2022, dans la collection «Les Cahiers de l’Ouest»

19h00 Apéritif

12h30-20h00 Exposition de la grande maquette de l’Ouest lausannois
17h00-20h00 Exposition de tous les projets soumis au concours de la Distinction de l’Ouest 2022

Lieu de la manifestation : Grande salle communale (distinction, exposition des projets) et Auberge du Motty (conférence, table ronde, maquette), Ecublens.
Accès : bus 705, arrêt Motty, ou métro M1, arrêt Bassenges (10 mn à pied)

À consulter

> Association «Ouest lausannois : Prix Wakker 2011»: www.olpw-2011.ch
> Distinction de l’Ouest 2022 : Appel à candidatures
> Stratégie et développement de l’Ouest lausannois (SDOL): www.ouest-lausannois.ch
> Inscription à la visite guidée du 26 novembre : formulaire en ligne

Colloque UNIL / Lavaux Patrimoine mondial « Témoignages d’un paysage », 23-24 novembre 2022


10 octobre 2022

Lavaux est un paysage culturel, évolutif et vivant. Culturel parce qu’il s’agit d’une œuvre conjuguée de l’homme et de la nature ; évolutif et vivant car ce paysage conserve un rôle social actif dans la société, étroitement associé au mode de vie traditionnel du vignoble.
A l’occasion des 15 ans de l’inscription de Lavaux à l’Unesco (2007-2022), l’Université de Lausanne et l’association Lavaux Patrimoine mondial organisent un colloque permettant d’encourager l’intégration du patrimoine vivant dans la compréhension des paysages culturels.

Mercredi 23 novembre 2022, « Apéro-science »
18h00-21h00
Grande salle de Grandvaux

Cette soirée publique propose différents postes dans le village de Grandvaux pour partir à la rencontre du patrimoine vivant. Au programme : des extraits de l’œuvre de Ramuz, la réfection des murs de vigne et le carnotzet. Avec la participation de Daniel Maggetti, Anne Tardent, Bruno Corthésy, Gabriel Bender, Emmanuel Hug, Ada Acovitsioti-Hameau, Henri Chollet, Vincent Bailly.
Télécharger le détail du programme.
Prix : Fr. 25.- par personne.
Inscriptions : www.lavaux-unesco.ch/colloque2022

Jeudi 24 novembre 2022, Colloque scientifique
9h00-17h15
Hôtel du Léman à Jongny

Ce colloque aborde la thématique du «vivant» dans les paysages culturels, notamment les problématiques liées au maintien et à la préservation des savoir-faire, des représentations culturelles et collectives autour des paysages et de l’intégration du patrimoine immatériel dans les tâches de conservation et de médiation des institutions culturelles. Il combine des communications orales et des tables rondes et fait appel à des interventions de scientifiques et de praticien·nes de Suisse et de France.
Axes thématiques: Un paysage culturel vivant, c’est d’abord sa population! ; Les savoir-faire à la loupe ; Dialogues pluriels entre art et paysage ; Capturer « l’incapturable », le rôle des musées dans la préservation et la valorisation du vivant.
Télécharger le détail du programme
Prix : Fr. 80.- par personne. Ce prix inclut la documentation et le repas de midi.
Inscriptions : www.lavaux-unesco.ch/colloque2022

Journée d’étude « Patrimoine bâti et économie circulaire », 17 novembre 2022


8 octobre 2022

Patrimoine bâti et économie circulaire : territoire réduit / temps long

Jeudi 17 novembre 2022, 8h30 -17h30

Espace Amaretto / Halles de Sébeillon, rue de Genève 97B, 1004 Lausanne

Cette journée fait partie intégrante du projet de recherche intitulé « Patrimoine bâti et économie circulaire : territoire réduit/temps long » et s’inscrit dans le prolongement de la réflexion proposée dans l’article « Énergie et patrimoine, même combat ? » (Tracé n°3521, juin 2022). Elle s’intéresse à l’évolution souhaitée des pratiques constructives et sociétales vers une plus grande sobriété énergétique et sans atteinte au patrimoine bâti. L’économie circulaire, qui permet d’aborder efficience énergétique et principe de conservation dans un même référentiel, est une première piste. Sans doute en existe-t-il d’autres, et c’est pour tenter de les faire émerger que la présente journée adopte une focale large et pluridisciplinaire.

Intervenants

Charlotte Malterre-Barthes, Professeure en recherche et développement pour l’innovation en architecture, urbanisme et territoire, EPFL, ENAC
Nelly Niwa, Directrice du Centre de compétences en durabilité, Unil
Antonino Tramparulo, Architecte associé, Tempesta Tramparulo
Matthieu Carrel, Avocat, ancien chef du groupe juridique du Service du développement territorial du canton de Vaud
Dave Lüthi, Professeur en architecture & patrimoine, Unil
François Calame, Ethnologue, fondateur de Charpentiers sans frontières
Frédéric Herman, Recteur de l’Université de Lausanne
Stéphane Nahrath, Professeur de science politique, Unil
Emmannuelle Gallo, Maître de conférences associée en histoire, ENSA Paris-la-Villette
Dunia Brunner, Chargée de recherche, Unil
Nicolas Meier, Chargé de recherche, Unil

télécharger le programme

Tarifs (couvrent les frais du repas de midi)
Normal : 40.-
Etudiant : 15.-

Inscription jusqu’au 30 octobre 2022
Billetterie : https://etickets.infomaniak.com/shop/KHNSZWvdRU/

Organisation
Université de Luasanne, IDHEAP et Section d’histoire de l’art
Projet Volteface UNIL

Partenaires
Patrimoine suisse, section vaudoise
Canton de Vaud
Fédération vaudoise des entrepreneurs