Publications

La section vaudoise de Patrimoine suisse soutient ou édite des ouvrages en lien avec le patrimoine vaudois, à l’exemple des ouvrages collectifs sur le Château d’Hauteville, le Domaine de la Doges, ou encore du guide de poche sur le patrimoine bâti de Lavaux, présentés ci-dessous.

La faîtière de Patrimoine suisse édite régulièrement des ouvrages, notamment les séries « Les plus beaux… » et « Destination patrimoine », qu’il est possible d’acquérir directement sur sa boutique en ligne. Prix préférentiel pour les membres de l’association.


Béatrice Lovis & Isabelle Roland (dir.), Le Domaine d’Hauteville. Du château au campus universitaire, La Tour-de-Peilz, Patrimoine suisse, section vaudoise ; Genève, Slatkine, 2023.

Un livre pour marquer la renaissance d’un lieu d’exception

En 2019, l’Université américaine Pepperdine a racheté le château d’Hauteville pour y aménager son campus romand, offrant au domaine un nouveau souffle, en continuité avec l’esprit des lieux. Inscrits comme bien culturel suisse d’importance nationale, le château et son domaine ont été classés Monument historique en 2019 par le Canton de Vaud, une démarche qui a permis au nouveau propriétaire de procéder à de vastes travaux de restauration. L’inauguration du campus en 2023 s’accompagne d’un livre collectif, édité sous l’égide de Patrimoine suisse, section vaudoise, et dirigé par les historiennes Béatrice Lovis et Isabelle Roland.

Situé non loin de Vevey, le domaine d’Hauteville constitue un ensemble exceptionnel d’architecture nobiliaire du XVIIIe siècle en Suisse romande. En 1760, le domaine est vendu par Jacques-Philippe d’Herwarth à Pierre-Philippe Cannac, bourgeois de Vevey et de Genève. Ayant fait fortune comme directeur des coches de Lyon, Cannac va considérablement agrandir la demeure existante. Afin de posséder un édifice dans le goût le plus récent, il fait appel à un architecte et à un décorateur français : François Franque, qui fournit les plans, et Claude-Pierre Cochet, qui réalise le décor d’architecture feinte des façades. À la fin du XVIIIe siècle, le château passe aux mains des Grand, une famille de banquiers vaudois anoblis par le roi de France. De nombreux aménagements paysagers sont réalisés au cours du XIXe, avec notamment le célèbre temple de l’Amour. La propriété est restée aux mains de la famille Grand d’Hauteville jusqu’en 2019.

Après plusieurs mois d’études, de sondages et de procédures administratives, le chantier de restauration du château et de ses dépendances – mené par l’atelier glatz-delachaux (Nyon) – s’est ouvert en mai 2020 et a pris fin en été 2023. Architectes, artisans, historiens et spécialistes de toutes les disciplines patrimoniales et techniques se sont succédé sur ce chantier hors du commun. La fin des travaux coïncide avec la parution d’un imposant ouvrage collectif, réalisé à l’instigation de la section vaudoise de Patrimoine suisse. Les connaissances sur ce témoin remarquable de l’architecture du XVIIIe siècle en Suisse sont renouvelées grâce aux contributions de 25 autrices et auteurs. Richement illustré, l’ouvrage vise aussi bien les professionnels qu’un public non spécialisé, mais intéressé par l’histoire et l’architecture romande.

Bref rappel des faits

Ce livre sur le domaine d’Hauteville permet à notre section de clore un chapitre douloureux sur une note positive, quoiqu’il soit impossible de combler l’immense perte patrimoniale provoquée par les ventes aux enchères, en 2014 et 2015, de l’ensemble du contenu du château. Si la loi cantonale sur le patrimoine mobilier et immatériel (LPMI) est entrée en vigueur en mai 2015, elle n’a malheureusement pas eu d’impact sur la seconde vente, car elle ne prévoit aucune mesure contraignante à l’égard des propriétaires privés ou communaux de bien culturels mobiliers. De plus, la LPMI ne prévoit aucun droit de préemption en faveur de l’Etat, obligeant ainsi les institutions publiques à miser aux côtés de privés ayant parfois des moyens financiers bien plus importants. La section vaudoise de Patrimoine suisse, qui avait obtenu en justice un report de la seconde vente pour permettre l’établissement d’un inventaire scientifique du contenu du château, a demandé en vain cet inventaire aux autorités cantonales, qui ne manifestaient alors aucun intérêt pour l’avenir d’Hauteville. Suite à cet événement, l’association a intégré dans ses statuts en 2019 la préservation du patrimoine mobilier, un bien culturel éminemment fragile.

Consulter la préface et la table des matières
344 pages ; 350 illustrations couleur env. ; 20.5 x 25 cm, broché.
Le livre est disponible aussi en anglais pour les institutions publiques (The Hauteville Estate. From castle to university campus).

Prix : 60 francs
Commander le livre (Slatkine)
Il est aussi possible de l’acquérir au secrétariat de PSSV, pendant les heures d’ouverture.

Contact presse : Béatrice Lovis, vice-présidente de Patrimoine suisse, section vaudoise, et codirectrice du livre, beatrice.lovis@patrimoinesuisse-vd.ch


Bruno Corthésy (dir.), Lavaux. Patrimoine bâti, Société d’histoire de l’art en Suisse, collection «Architecture de poche», 2022.

Un guide pour découvrir le patrimoine bâti de Lavaux

La région de Lavaux est inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2007 pour sa spectaculaire configuration en terrasses et les points de vue grandioses qu’elle procure sur le Léman et les Alpes. Cependant, elle possède aussi un riche patrimoine architectural composé de châteaux médiévaux, de domaines viticoles et de villages à l’aspect pittoresque. C’est ce patrimoine, remarquable mais méconnu, que le nouveau guide de la collection « Architecture de poche » propose de faire découvrir à travers cinq articles introductifs et quatre itinéraires pédestres, abondamment documentés et richement illustrés.

Rédigés par trois historiens de l’architecture, Bruno Corthésy, Laurent Auberson et Denyse Raymond, les articles introductifs couvrent chronologiquement l’histoire du bâti en Lavaux du Moyen Âge à nos jours, passant par les grands domaines monastiques, les églises et les châteaux, la maison vigneronne et ses caractéristiques, les infrastructures touristiques et des villas d’avant-garde.

Accessibles par les transports publics, les quatre itinéraires pédestres, d’une durée chacun d’environ 3 heures, permettent de parcourir d’ouest en est l’entier de Lavaux et de découvrir le long du tracé 160 bâtiments de toutes les époques, bénéficiant chacun d’une brève notice, illustrées par des images anciennes ou des prises de vue actuelles du photographe Jeremy Bierer. Au gré des déambulations, les différentes stations montrent la région dans toute sa diversité et mettent en évidence des édifices parfois inattendus, au-delà de l’image traditionnelle. Passer progressivement des « hauts » aux rives du lac permet aussi de se rendre compte des modifications de la typologie des bâtiments. Aux fermes dédiées à l’agriculture et à l’élevage succèdent des maisons vigneronnes aux travées étroites, puis des domaines plus cossus quand le terrain s’adoucit et même des rues au caractère urbain dans les bourgs implantés au bord de l’eau.

Ce livre s’adresse aussi bien aux personnes intéressées au patrimoine qu’à un large public, qui pourra ainsi voir Lavaux autrement, au-delà de la simple contemplation du paysage. Il a été rendu possible par la réunion au sein d’une même association, Patrimoine en Lavaux – présidée par Michèle Antipas, ancienne adjointe du conservateur cantonal des monuments historiques – de trois organisations actives dans le domaine du patrimoine de la région : Lavaux patrimoine mondial, la section vaudoise de Patrimoine suisse et Sauver Lavaux.

Faisant suite à la version française, une traduction en allemand est parue en 2023.

256 pages, 427 illustrations
Prix : 35 francs
→ Commander le livre (SHAS).


Béatrice Lovis (dir.), Le Domaine de La Doges: au temps des Palézieux dit Falconnet. Deux siècles d’histoire (1821-2021), Genève, Slatkine; La Tour-de-Peilz, Patrimoine suisse, section vaudoise, 2021, 248 p.

Le 27 janvier 1821, le domaine de La Doges est vendu « à perpétuité à Monsieur Abram François de Palézieux dit Falconnet, de Vevey », comme le stipule le contrat de vente conservé dans les archives familiales. Ses descendants auront à cœur d’entretenir et d’embellir le domaine. En 1997, André Coigny-de Palézieux lègue La Doges avec l’ensemble de son mobilier à la section vaudoise de Patrimoine suisse, alors dénommée Société d’art public, en lui donnant pour mission de la conserver à titre de témoin d’une habitation bourgeoise des XVIIIe, XIXe et XXe siècles.

L’idée d’éditer un ouvrage scientifique, destiné à toute personne intéressée par l’histoire et le patrimoine vaudois, a germé au début de l’année 2019. Un partenariat avec l’Université de Lausanne a été mis sur pied afin d’établir un inventaire scientifique du mobilier, des œuvres d’art et des divers objets du quotidien conservés à La Doges. Une douzaine d’étudiants en histoire de l’art, menés par le professeur Dave Lüthi, se sont rendus au domaine pendant le semestre de printemps 2020, une démarche que la pandémie a certes compliquée mais qui n’a pas entamé leur grande motivation. Près de 300 objets ont ainsi pu être documentés et analysés.

Rédigés à la fois par des chercheurs confirmés et des étudiants de l’Unil, quatorze chapitres éclairent différents aspects de La Doges. La première partie du livre est consacrée au développement architectural et paysager du domaine, dont l’existence est attestée dès le milieu du XVIIe siècle. Les contributions permettent de comprendre de manière beaucoup plus fine l’histoire de ce domaine viticole et rural, de préciser la chronologie des travaux et des aménagements paysagers, d’identifier plusieurs architectes et artisans qui y ont œuvré, ainsi que d’insérer La Doges dans le vaste réseau de maisons de campagne qui s’est développé, tel un « diadème de délices », autour des villes de Vevey et de La Tour-de-Peilz. Les aménagements intérieurs bénéficient d’une attention particulière avec une analyse minutieuse des poêles de la maison de maître, des papiers peints et du mobilier ancien, présent dans les pièces d’apparat. Ces aménagements portent la marque de la famille de Palézieux dit Falconnet.

La seconde partie de l’ouvrage met l’accent sur le quotidien de la famille de Palézieux. La vie au domaine est retracée grâce aux archives privées. L’analyse de la collection d’art, qui inclut un important corpus de portraits et de paysages de petits maîtres suisses, révèle les liens étroits tissés avec Genève et la Suisse allemande. A l’instar de l’argenterie familiale, elle est le témoin des alliances matrimoniales établies avec de grandes familles d’origine bernoise, bâloise et genevoise.

Au fil de la lecture, le passé du domaine de La Doges reprend vie sous la plume des auteurs. Sans prétendre à l’exhaustivité, cet ouvrage permet d’aborder les richesses patrimoniales de La Doges dans leur diversité et d’apporter une contribution importante sur le développement des maisons de campagne dans la région veveysanne ainsi que sur la vie culturelle et sociale des élites vaudoises.

Prix : CHF 45.- ; pour les membres de Patrimoine suisse : CHF 30.-.
Frais de port: 9.-; pour éviter les frais de port, il est possible de retirer le livre à La Doges aux heures d’ouverture du secrétariat. Venir si possible avec la monnaie exacte.

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Autres publications soutenues ou éditées par Patrimoine suisse, section vaudoise / Société d’art public (liste non exhaustive):

Daniel de Raemy, « L’ancienne campagne des Bains ou villa d’Enremonts à Yverdon (XVIIIe-XIXe siècles). Un hommage au général humaniste Frédéric Haldimand », Monuments vaudois, n° 8, 2018, 24 p. (tiré à part).

Denis de Techtermann (dir.), La Doges. Des siècles d’histoire, La Tour-de-Peilz, Patrimoine suisse, section vaudoise, 2011, 95 p.

Gilbert Salem, Dominique Gilliard, Pintes vaudoises, un patrimoine en péril, Lausanne, Editions d’en bas; La Tour-de-Peilz, Société d’art public, 2005, 207 p.

Pierre Bolomey et alii (dir.), Aspects du Patrimoine vaudois 1995, Lausanne, Société d’art public, 1996, 168 p.

Pierre Bolomey (dir.), Aspects du Patrimoine vaudois 1990, Lausanne, Société d’art public, 1990, 104 p.