Patrimoine suisse saisit le Tribunal fédéral pour préserver la Villa Haute-Rampe à Lausanne


1 mars 2025

Communiqué de presse

Patrimoine suisse saisit le Tribunal fédéral pour préserver la Villa Haute-Rampe, l’une des dernières traces du XIXe siècle sur la colline de Riant-Mont à Lausanne. Ce site sensible offre un cadre urbain et paysager harmonieux à l’église méthodiste ainsi qu’à la basilique Notre-Dame du Valentin, deux sites d’importance nationale.

La section vaudoise de Patrimoine suisse a saisi le Tribunal fédéral pour empêcher la destruction de la Villa Haute-Rampe. Située au cœur de la ville, sous la Cité, à proximité du Palais de Rumine, de la basilique Notre-Dame du Valentin et de l’église méthodiste, cette villa est implantée dans un secteur historique majeur comprenant plusieurs bâtiments recensés par le canton. La Villa Haute-Rampe, édifiée en 1867 pour le fils du premier syndic de Lausanne, Samuel Hollard, dans un site sensible de Lausanne, mérite une réévaluation approfondie de sa valeur patrimoniale, notamment en raison de l’identification récente de son architecte, Jules Verrey, et de sa proximité avec deux sites d’importance nationale (ISOS).

Un ensemble architectural protégé et exceptionnel

Construite en 1867, la Villa Haute-Rampe est actuellement recensée en note 4 au recensement architectural cantonal, en raison de ses éléments anciens remarquablement conservés : décors en mollasse, véranda en bois à pilastres, loggia à colonnade, ainsi que plusieurs éléments intérieurs, dont une cheminée en marbre rose et des armoires. Elle mérite à l’évidence une note supérieure.

La parcelle de la villa jouxte celle de l’église méthodiste, du campanile et du bâtiment résidentiel, tous trois dessinés par le même architecte, Jules Verrey et construits en même temps que la villa. Ces édifices, inscrits en note 2 du recensement architectural, forment un ensemble de premier ordre. À quelques dizaines de mètres au sud, la basilique Notre-Dame du Valentin, classée monument historique (note 2), constitue une composante essentielle de ce secteur dont les abords sont également protégés. La Villa Haute-Rampe contribue à la mise en valeur de cet ensemble, en offrant un cadre urbain harmonieux à l’église méthodiste.

Une construction défigurant un site patrimonial d’importance nationale

En 2016, le Circolo italiano di Losanna a sollicité un permis de construire, avec dérogations, afin de démolir la Villa Haute-Rampe et d’ériger un immeuble mixte. Ce projet prévoit 18 logements de 3 et 4 pièces, des espaces administratifs, des commerces, un restaurant et une garderie. Il entraînerait la destruction des contreforts sur les parcelles voisines et menacerait plusieurs arbres significatifs.

L’immeuble projeté ne respecte absolument pas la topographie existante et modifie radicalement les abords immédiats de la chapelle du Valentin (note 2), puisqu’il excave le flanc de colline pour créer un terrain artificiellement horizontal. Cette importante opération est contraire aux principes usuels de remplacement de constructions en note 4, réputées bien intégrées, qui exigent une implantation et une architecture de qualités similaires ou supérieures.

Par sa volumétrie écrasante et son style en totale rupture avec l’église méthodiste (et ses bâtiments annexes) et la basilique du Valentin, toutes deux classées en note 2 avec leurs abords, cette construction compromettrait irrémédiablement ce cadre historique.

Une décision préoccupante pour la protection du patrimoine

Dans sa décision du 13 janvier 2025, la Cour de droit administratif et public (CDAP) a minimisé l’impact de ce projet sur l’Inventaire suisse des sites construits (ISOS), lequel n’a pas encore été intégré à la législation communale en vigueur. Cette dernière impose pourtant des exigences plus strictes en matière de protection du patrimoine bâti et paysager, ainsi qu’une pesée circonstanciée des intérêts en présence qui ne figure pas dans la décision municipale.

La demande de permis de construire implique l’abattage d’un faux-cyprès situé en proue du mur de soutènement surplombant la rue du Valentin. Cet arbre remarquable entretient un dialogue étroit avec le platane séculaire de l’église méthodiste et constitue un repère d’exception dans la ville et le quartier. Par son âge et ses dimensions, ce conifère doit être reconnu pour sa valeur dendrologique, biologique, paysagère, historique et culturelle. Par ailleurs, cet arbre accueille une avifaune d’importance, contribue efficacement à la lutte contre l’îlot de chaleur et doit, à ce titre, être protégé de tout abattage. La Ville de Lausanne s’est d’ailleurs engagée à préserver un maximum d’arbres afin de rafraîchir la ville, dans le cadre de son programme  « Objectif canopée ».

En outre, la CDAP n’a même pas interpellé l’autorité cantonale spécialisée DGIP-MS sur ces nouveaux éléments relatifs à la construction de la villa Haute-Rampe – découverte du nom de l’architecte ayant construit la même année l’église méthodiste et ses bâtiments annexes – ni même requis que soit versé au dossier le préavis de 2017 de la déléguée au patrimoine sur lequel se serait fondée la Municipalité pour admettre la démolition.

La Tour-de-Peilz, le 28 février 2025.

Lire les articles du 24 heures du 6 mars 2023 et du 4 mars 2025.

Image: Marie-Lou Dumauthioz

Formation FVE: spécialisation en patrimoine bâti


24 janvier 2025

Le programme de la session 2025 sera mis en ligne le mercredi 5 mars 2025.

Ce cours, pensé par des professionnels reconnus, s’adresse à des artisans entrepreneurs en quête de perfection dans leur domaine. Les intervenants, de leur côté, sont des experts en histoire de l’art, en science des matériaux et autres spécialisations de restauration de constructions anciennes.

La spécialisation proposée n’offre aucune recette toute faite, mais vous invite à vous (ré)approprier les traditions constructives et à les replacer au centre du processus de construction. Au terme de ce cours, vous aurez acquis une compétence d’analyse de l’état hérité « le bâtiment tel qu’il est », sans jugement de valeur, vous permettant d’établir un diagnostic d’intervention étayé et parcimonieux.

Cette formation se déroule sous une forme de cours-séminaire dans lequel une participation active est exigée. Avec les « études de cas », les participants auront l’occasion de s’approprier la matière théorique en la confrontant à leur réalisation, sous forme de présentation orale devant la classe et un jury composé de spécialistes et représentants du patrimoine romand. Obtention d’un certificat FVE en cas de réussite.

Public cible:

Professionnels titulaires d’un brevet ou d’une maîtrise dans un métier de la construction, de la technique du bâtiment, de l’architecture, de l’assurance ou de l’immobilier.

Objectifs:

Gestion et préservation du patrimoine

  • Approfondir les connaissances générales sur la gestion et l’appréciation du patrimoine
  • Aiguiser la réflexion personnelle sur la conservation et la restauration de bâtiments anciens
  • Apporter aux participants des connaissances spécifiques aux constructions anciennes

Communication et positionnement professionnel

  • Fournir aux artisans et mandataires spécialisés les moyens, les codes et les arguments nécessaires pour dialoguer avec les autorités de surveillance
  • Donner les outils pour remporter les marchés et se faire accepter comme partenaire

Développement des compétences techniques

  • Améliorer le savoir-faire manuel

Automne 2025, 10 jours.

Condition d’admission, tarifs, détail du programme et inscriptions.

Publication et exposition sur Alfred Béguin, jusqu’au 11 mai 2025


19 décembre 2024

L’œuvre picturale d’Alfred Béguin vient de faire l’objet d’une étude dirigée par Gianni Ghiringhelli. Cette publication est accompagnée d’une exposition au Musée historique de Vevey.

Exposition temporaire « Alfred Béguin (1834 – 1906) », 20 novembre 2024 – 11 mai 2025

Né en 1834 à St-Légier, Alfred Béguin est principalement connu pour ses scènes de vie peintes sur les façades de certaines maisons de son village natal. Ce « graffeur » d’autrefois a également réalisé de nombreuses œuvres sur papier qui sont restées méconnues car conservées presque exclusivement dans des collections privées.
Les sujets choisis par Béguin – une famille se pressant pour attraper le train, le chœur d’hommes chantant au temple de La Chiésaz, une cordée nombreuse gravissant un sommet – sont de précieux témoignages de la vie villageoise, tant populaire que bourgeoise, de la seconde moitié du 19e siècle. Béguin esquisse des portraits, reproduit des épisodes de son quotidien ou dépeint le monde qui l’entoure. Il fait preuve tantôt de beaucoup de douceur, tantôt d’une malice frisant la caricature.
Quelque 70 huiles, dessins et aquarelles, ainsi que des photographies, cartes postales et documents d’archives alimentent cette exposition consacrée à un artiste qui, ne cherchant ni la notoriété ni la reconnaissance de ses pairs, est resté particulièrement discret.

Lien vers le Musée historique de Vevey.
Visites sur inscription : au 021 925 51 64 ou musee.historique@vevey.ch.

Visites guidées de l’exposition Alfred Béguin au Musée historique de Vevey, à 18h30 (durée env. 1h)
Ma 28 janvier 2025; Je 27 février 2025; Je 13 mars 2025; Je 17 avril 2025

Visites guidées dans le village de Saint-Légier, à 9h30 (durée env. 1h30)
Rdv à la halte « La Chiésaz » (train R35 Vevey-Blonay-Les Pléiades) :
Sa 29 mars 2025; Sa 3 mai 2025

Alfred Béguin. Le peintre du village illustré de Gianni Ghiringhelli (dir.), Françoise Lambert et Vanessa Diener, éditions Infolio, 2024.

Grâce à la collaboration et la mise à disposition par les propriétaires, ce peintre de Saint-Légier sort de l’ombre dans le cadre d’une publication. Outre les peintures murales qui ornent encore des façades de maison à Saint-Légier-La Chiésaz depuis le XIXe siècle, l’ouvrage fait découvrir les dessins et huiles que l’élève de Charles Gleyre a réalisés au cours de sa longue vie. Richement illustré, il invite à un voyage auprès d’un homme discret, que l’on nommerait aujourd’hui de « tagueur » et de caricaturiste de talent.

Archiviste pendant plus de deux décennies pour les communes de Blonay et Saint-Légier, Gianni Ghiringhelli a toujours eu à coeur de transmettre les connaissances historiques de la vie locale. Pour mener à bien cette aventure, Francoise Lambert, ancienne conservatrice du Musée historique de Vevey, a mis à contribution ses connaissances d’historienne de l’art pour décrypter les nombreuses œuvres de ce peintre talentueux. Vanessa Diener, historienne de l’architecture, a étudié les peintures murales des bâtiments de Saint-Légier-La Chiésaz et leur évolution et restauration au cours du XXe siècle.

En vente au prix de CHF 35.- dans les librairies ou sur commande auprès d’Infolio (frais de port en sus).

Initiative Biodiversité : indispensable pour le canton de Vaud


1 septembre 2024

A cheval entre les Alpes, le Plateau et le Jura, le canton de Vaud présente une biodiversité particulièrement riche, et ,à certains égards, unique à l’échelle nationale. Celle-ci a malheureusement été mise à rude épreuve ces dernières décennies, et ce sont ainsi près de 80% des surfaces marécageuses qui ont disparu dans notre canton depuis le début du XXème siècle. Des dizaines d’espèces figurent également sur liste rouge, et risquent de disparaître si rien n’est fait pour les préserver. Parmi celles-ci on peut citer l’écrevisse à pattes blanches, la rainette verte, le lézard vert, la souris des moissons, l’alouette lulu ou encore l’hirondelle de rivage. Les pratiques humaines en ont fait disparaître d’autres comme le coulis cendré ou la pie-grièche grise.

Les causes de cette perte de la biodiversité sont connues : étalement urbain et urbanisation qui pendant longtemps ont ignoré l’importance de la nature en ville, et activités humaines ayant une emprise toujours plus importante sur la nature, y compris dans les derniers havres de paix que représentent le Jura et les Alpes.

Des solutions existent cependant : des mesures de conservation des espèces, de restauration de milieux naturels ou de développement de la biodiversité dans l’espace bâti portent leurs fruits et permettent en même temps de restaurer des îlots de fraîcheur. Un travail important a par exemple été réalisé ces dernières années par les autorités cantonales dans la renaturation des cours d’eau, et la nouvelle Loi sur la Protection du Patrimoine Naturel et Paysager (LPrPNP) va dans le bon sens. Les moyens à disposition sont cependant encore largement insuffisants, et une acceptation de l’initiative fédérale « Pour la Biodiversité » amènerait une bouffée d’air indispensable également à la nature dans le canton de Vaud.

En 2023 les Vaudoises et les Vaudois ont accepté lors d’une votation populaire d’inscrire dans leur Constitution cantonale la protection de la biodiversité parmi les tâches de l’Etat. Les partis et associations signataires de ce communiqué espèrent qu’il en ira de même le 22 septembre prochain, et qu’un grand OUI à la biodiversité sortira des urnes vaudoises !

Communiqué de presse, 15 août 2024

Pro Natura Vaud – Parti socialiste vaudois – BirdLife Suisse – Les Verts vaudois – Patrimoine suisse, section vaudoise – WWF Vaud – Fondation Franz Weber

Lien vers le site: www.initiative-biodiversite.ch

La manifestation Lausanne Jardins honorée par le Clou rouge de Patrimoine suisse


20 août 2024

Après son premier arrêt vaudois à la Vallée de Joux, le Clou rouge poursuit son périple à travers la Suisse romande et fait une halte sur le parcours de l’édition Lausanne Jardins 24, le samedi 31 août prochain. Marquant un itinéraire élaboré par les sections romandes de Patrimoine suisse, ce clou voyageur de 1m70 et 60 kg met cette année en lumière des démarches exemplaires en termes de développement durable, de protection du patrimoine bâti et naturel.

Du jardin urbain à la ville éponge

Tous les cinq ans depuis 1997, le temps d’un été, la manifestation Lausanne Jardins propose des jardins disséminés sur le territoire lausannois, dont certains sont amenés à préfigurer les transformations urbanistiques et paysagères à venir. Issues d’un concours international, ces installations éphémères font l’état des lieux des tendances et des enjeux de l’architecture du paysage, avec aussi l’intention de ramener le végétal là où on l’attend le moins. Tantôt poétiques, tantôt didactiques ou provocatrices, elles dialoguent avec la ville sur une thématique particulière à chaque édition. Pour sa 7e édition, Lausanne Jardins accueille les visiteurs les pieds dans l’eau. Une quarantaine d’installations sont placées le long des rives lémaniques, entre les rivières de la Chamberonne et de la Vuachère. Ces jardins sont autant de façons de sensibiliser le visiteur à l’impact de l’homme sur la nature : imperméabilisation des sols, pollution du lac, déclin de la biodiversité, changement climatique… Cette édition propose aussi des solutions concrètes pour y remédier, notamment en réinterrogeant ce paysage lacustre à l’aune de la « ville éponge », un levier pour faire la ville autrement, plus résiliente. Lausanne Jardins 24 invite à repenser notre rapport à l’eau en milieu urbain et à explorer ses multiples facettes : non seulement en tant qu’eau potable ou source de rafraîchissement, mais également comme moyen de transport, productrice d’énergie ou habitat pour de nombreuses espèces animales et végétales.

Culture du bâti, climat et biodiversité

Après les éditions de 2018 et 2020/21, le Clou rouge entreprend un nouveau périple à travers la Suisse romande, marquant chaque étape d’un itinéraire élaboré par les sections romandes de Patrimoine suisse. De Hagneck à Genève, en passant par Aproz ou Le Chenit, chacune des onze étapes du Clou rouge permet de découvrir un aspect de la richesse patrimoniale d’une région. Sous le thème de l’Écu d’or 2024 « Culture du bâti, climat et biodiversité », ces événements sont pensés dans une optique résolument positive. En questionnant la réalisation de projets architecturaux et urbanistiques, et en valorisant les approches durables, le Clou rouge vise à susciter des réflexions qui favorisent la biodiversité, répondent au changement climatique et célèbrent la culture du bâti. De la revitalisation de bâtiments à la réinvention d’espaces publics, divers aspects du patrimoine bâti, naturel et paysager sont abordés dans cette série de manifestations festives et conviviales. À travers des portes ouvertes, des allocutions, des visites guidées par des experts ou des espaces de dialogue, le visiteur est invité à une expérience culturelle immersive.

Agenda

Ne manquez pas les nombreux événements organisés dans le cadre de Lausanne Jardins. Les 7 et 8 septembre, la manifestation s’associe aux Journées du patrimoine, avec des visites sur le thème des « Réseaux ». Le 4 octobre, Lausanne Jardins s’achèvera autour d’une rencontre au Théâtre de Vidy, « Des rives en débat : comment réinvestir le paysage à l’aune de la ville éponge », avec le partenariat de l’UNIL (Plateforme Paysage).

Au programme : vernissage du Clou à 11h30 et visites guidées gratuites. Le matin, visite du Théâtre de Vidy avec les responsables de sa rénovation, puis l’après-midi, visites de Lausanne Jardins.

Détails et inscriptions aux visites : www.patrimoinesuisse-vd.ch/le-clou-rouge-2024
Informations sur Lausanne Jardins et ses événements : https://lausannejardins.ch/
Informations sur le Clou rouge et ses étapes 2024 sur : www.patrimoinesuisse.ch/clourouge

La ferme des Mollards-des-Aubert mise à l’honneur par le Clou rouge de Patrimoine suisse


5 août 2024

Le Clou rouge poursuit son périple à travers la Suisse romande avec sa première étape vaudoise : la ferme horlogère des Mollards-des-Aubert au Brassus, le samedi 17 août prochain. Marquant un itinéraire élaboré par les sections romandes de Patrimoine suisse, ce clou voyageur de 1m70 et 60 kg met cette année en lumière des démarches exemplaires en termes de développement durable, de protection du patrimoine bâti et naturel.

Une ferme horlogère au cœur du Parc Jura Vaudois

Construite dans les années 1720 par la famille Aubert, la ferme des Mollards constitue un témoignage unique de la vie rurale dans la Vallée de Joux. Dernière ferme d’altitude habitée à l’année jusqu’en 1960, elle est représentative de l’habitat jurassien. Le domaine a longtemps permis une survie modeste à ses propriétaires. Au fil des générations, la famille Aubert a développé de la petite industrie : polissage de pierres d’horlogerie, coutellerie, minoterie et même chocolaterie.
Classé « monument historique » d’importance régionale, l’édifice est en cours de restauration grâce aux bons soins de la Fondation qui en est propriétaire. L’étape des extérieurs est achevée : les matériaux ont été choisis dans le respect de la substance historique et les savoir-faire artisanaux valorisés. La ferme accueillera à terme un logement de vacances au rez-de-chaussée, disponible pendant la saison d’estivage. L’étage sera conservé en l’état, avec son salon, la cuisine et ses frises peintes, les chambres boisées et l’atelier du peintre-graveur Pierre Aubert (1910-1987), son dernier habitant. L’autonomie de la ferme des Mollards, qui n’a jamais été raccordée au réseau électrique ni connu l’eau courante, est mise au cœur du projet de restauration afin de respecter au mieux l’environnement protégé du domaine.

Culture du bâti, climat et biodiversité

Après les éditions de 2018 et 2020/21, le Clou rouge entreprend un nouveau périple à travers la Suisse romande, marquant chaque étape d’un itinéraire élaboré par les sections romandes de Patrimoine suisse. De Hagneck à Genève, en passant par Aproz ou Lausanne, chacune des onze étapes du Clou rouge permet de découvrir un aspect de la richesse patrimoniale d’une région. Sous le thème de l’Écu d’or 2024 « Culture du bâti, climat et biodiversité », ces événements sont pensés dans une optique résolument positive. En questionnant la réalisation de projets architecturaux et urbanistiques, et en valorisant les approches durables, le Clou rouge vise à susciter des réflexions qui favorisent la biodiversité, répondent au changement climatique et célèbrent la culture du bâti. De la revitalisation de bâtiments à la réinvention d’espaces publics, divers aspects du patrimoine bâti, naturel et paysager sont abordés dans cette série de manifestations festives et conviviales. À travers des portes ouvertes, des allocutions, des visites guidées par des experts ou des espaces de dialogue, le visiteur est invité à une expérience culturelle immersive.

Titeuf aux Mollards

Afin de réaliser la troisième et dernière étape de restauration de la ferme, la Fondation des Mollards-des-Aubert mène une recherche de fonds. Elle lance cet été une campagne auprès des privés souhaitant soutenir sa démarche. A cette occasion, le dessinateur ZEP a offert à la Fondation un dessin qui sera dévoilé lors de la manifestation du Clou rouge. Reproduit sur papier d’art avec signature originale de l’artiste, il sera mis en vente à un tirage limité ; le bénéfice sera entièrement versé en faveur de la restauration de la ferme.

Nous vous invitons chaleureusement à nous rejoindre le 17 août 2024 aux Mollards-des-Aubert !

Au programme : vernissage du Clou à 12h avec dévoilement du dessin de ZEP, huit visites guidées thématiques au cours de l’après-midi en compagnie de différents experts du bâti et du paysage.

Détails et inscriptions aux visites (délai : 13 août) : www.patrimoinesuisse-vd.ch/le-clou-rouge-2024
Informations sur les Mollards-des-Aubert et sa restauration : https://les-mollards-des-aubert.ch
Informations sur le Clou rouge et ses étapes 2024 sur : www.patrimoinesuisse.ch/clourouge

5 août 2024

Le Clou rouge reprend son périple en 2024: deux arrêts vaudois à découvrir les samedis 17 et 31 août


18 juin 2024

Entre 2018 et 2021, un « Clou rouge » en métal, mesurant 1m70, a été l’emblème de nos actions de valorisation du patrimoine romand, parcourant plus de 756 km à travers nos régions. Le public a ainsi eu le plaisir de découvrir des lieux magnifiques et un patrimoine parfois méconnu ou difficile d’accès. L’expérience est reconduite cette année autour du thème 2024 de l’Écu d’or, «Culture du bâti, climat et biodiversité». Onze arrêts sont proposés sur l’ensemble du territoire romand, dont deux sur sol vaudois: à la ferme des Mollards-des-Aubert (Brassus) et le long du parcours de la manifestation Lausanne Jardins (Théâtre de Vidy).

→ Découvrir sur www.patrimoinesuisse.ch/clourouge les arrêts du Clou rouge en Suisse romande. Les manifestations sont gratuites, mais sur inscription.


Arrêt n° 1: Une ferme horlogère au coeur du Parc Jura Vaudois, les Mollards-des-Aubert

Samedi 17 août 2024 Rte du Marchairuz, Le Chenit

Située à 1300 m., sur les hauts de la vallée de Joux, la ferme horlogère des Mollards-des-Aubert constitue un témoignage parfaitement représentatif de l’habitat jurassien des XVIIIe-XIXe siècles. Habitée à l’année jusqu’en 1960, la ferme est en cours de réhabilitation grâce aux bons soins de la Fondation qui en est propriétaire ; elle accueillera à terme un logement de vacances et mettra en valeur l’atelier du peintre-graveur Pierre Aubert (1910-1987) qui a été son dernier habitant.

Programme

10h30-12h00 : randonnée du Brassus aux Mollards en suivant le chemin historique, avec Jean-Luc Piguet, président de la Fondation Les Mollards-des-Aubert. Départ: gare du Brassus. Veuillez être présents dès 10h20.

12h00 : vernissage du Clou rouge et apéritif.

13h30 et 15h30 : visite architecturale de la ferme et sa restauration, avec l’architecte Nicolas Delachaux.

13h30 et 15h30 : visite autour des enjeux environnementaux du domaine, avec Sandrine Jutzeler, biologiste, et Olivier Gumy, de Pro Natura Vaud.

14h30 et 16h30 : visite autour de l’artiste Pierre Aubert et de la famille Aubert, avec Raphaël Aubert, écrivain, de la Fondation Pierre Aubert.

14h30 et 16h30 : visite à la découverte des métiers du bâti, avec le menuisier Etienne Berney et le tavillonneur Patrick Jampen.

Bonnes chaussures indispensables. Petite restauration sur place. Il est possible de visiter le rez de la ferme sans être inscrit à une visite. L’appartement du haut ne peut par contre se visiter que lors de la visite consacrée à Pierre Aubert (14h30 et 16h30). Vente et dédicaces des ouvrages récemment parus sur Pierre Aubert (Raphaël Aubert, Le Voyage à Paris. Un carnet de Pierre Aubert, art&fiction, 2024; Aubert. Le noir est aussi une couleur, Infolio, Coll. Presto, 2024; La Dame au chapeau rose, L’Aire, 2022).

S’inscrire aux visites et réserver une place dans la navette (délai: 13 août, midi).
→ Découvrir la ferme en images sur le site de la Fondation Les Mollards-des-Aubert.

Accès à la ferme

A pied: à 60 mn depuis la gare du Brassus (3 km, 280 m. de dénivelé; consulter la carte). Bonnes chaussures indispensables.

En navette: aller, à 11h25 et 11h40 (depuis la gare du Brassus); retour, à 16h20 et 17h20 (correspondance avec le train au Brassus). Gratuite.

En taxi: à réserver au 076 505 28 35 (10.- pour le trajet de la gare du Brassus). Puis 10 mn à pied.

En voiture: à 5 mn du Brassus, petit parking aux abords de la route du Marchairuz, à l’entrée du chemin forestier menant à la ferme. Ensuite 10 mn à pied. Attention: nombre de places limité, merci de privilégier le covoiturage et de respecter le marquage au bord du pâturage. Si ce parking est complet, possibilité de stationner le long de la route du Marchairuz au lieu-dit la Rolat (coordonnées 2’507’605, 1’157’898). Compter ensuite 30 mn de marche pour se rendre à la ferme, d’abord le long de la route cantonale, puis en suivant le chemin forestier.

Avec le partenariat de la Fondation Les Mollards-des-Aubert, de la Fondation Pierre Aubert et de Pro Natura Vaud. Avec le soutien financier de Patrimoine suisse et du Crédit Mutuel Vallée de Joux.


Arrêt n° 2: Lausanne Jardins 24, « Entre l’eau et nous » : du jardin urbain au grand paysage

Samedi 31 août 2024 Théâtre de Vidy, Av. Jaques-Dalcroze 5, Lausanne

Tous les cinq ans depuis 1997, le temps d’un été, la manifestation propose des jardins éphémères disséminés sur le territoire lausannois, dont certains sont amenés à préfigurer les transformations urbanistiques et paysagères de la ville. En 2024, une quarantaine de jardins contemporains se suivront le long d’une promenade singulière, incitant à la flânerie et à la (re)découverte de lieux insolites et de bâtiments emblématiques. Cette 7e édition portera sur le thème de l’eau et s’installera le long des rives du Léman.

Programme

10h00 : visite du Théâtre de Vidy, conçu par Max Bill pour l’Expo 64 et restauré par le bureau Pont12 en 2022, avec l’architecte François Jolliet.

11h30 : vernissage du Clou rouge et apéritif.

13h30 :  visite guidée de Lausanne Jardins 24, du parc du Bourget au Théâtre de Vidy.

16h00 :  visite guidée de Lausanne Jardins 24, de la piscine de Bellerive à Ouchy.

Départ des visites : devant l’entrée du Théâtre de Vidy. Restauration possible à proximité (La Rive Vidy, Le Thaï au Lac, Ristorante Il Lido, Brasserie La Voile d’Or, etc.).

S’inscrire aux visites guidées.
→ Découvrir la manifestation en images sur le site de Lausanne Jardins.

Avec le partenariat de Lausanne Jardins et du Théâtre de Vidy. Avec le soutien financier de Patrimoine suisse.

Pétition pour la sauvegarde de la place de Grandson: à signer avant le 20 août!


5 juin 2024

Notre section relaie une pétition concernant la sauvegarde de deux bâtiments donnant sur la place du château de Grandson, menacés de démolition (la mise à l’enquête est promise cet été), à savoir l’ancien hangar des pompes et local de gymnastique, datant de 1892 (NRA 3), et l’ancienne chapelle de l’Eglise libre, construite en 1898 sur les plans de l’architecte Gustave Chable (NRA 3).

La place de Grandson est un dossier que PSSV suit depuis plusieurs années. Notre section a eu de nombreux échanges avec la Commune, le Canton et l’Office fédéral de la culture afin de sensibiliser ces différentes autorités à l’intérêt patrimonial de ces deux bâtiments situés sur un site hautement sensible, faisant face au château de Grandson, en cours de restauration. PSSV a entre autres adressé en 2020 une demande de classement au Canton, demande qui a été refusée pour des raisons politiques par M. Broulis, le conseiller d’Etat alors en charge du patrimoine. Notre section est convaincue qu’au moins l’un des deux bâtiments (ancien local des pompes, qui possède une charpente remarquable) pourrait être intégré sans grande difficulté au plan de quartier de cette place, qui mérite un meilleur traitement que celui que la Commune de Grandson lui réserve.

Vous trouverez ici les fiches de recensement architectural des deux bâtiments: fiche 102 – hangar des pompes & fiche 105 – chapelle. Complétées après notre demande de classement, ces fiches démontrent bien que ces bâtiments ont un réel intérêt patrimonial (largement sous-estimé par le conservateur d’alors qui a validé leur démolition en 2013 dans le cadre du plan de quartier).

Télécharger et signer la pétition lancée par l’Association pour la sauvegarde de la place du château de Grandson, à renvoyer avant le 20 août 2024 (attention au délai!).
Télécharger quelques photographies actuelles et anciennes des bâtiments en question.

Le patrimoine vaudois à l’honneur : des enjeux liés au patrimoine hors zone à bâtir à la sobriété énergétique


3 juin 2024

Un colloque consacré à la sauvegarde des bâtiments patrimoniaux sis hors de la zone à bâtir et la remise de la « Distinction vaudoise de Patrimoine suisse 2024 » : deux événements illustrant le dynamisme de la section vaudoise de Patrimoine suisse.

Deux événements organisés par Patrimoine suisse, section vaudoise, se sont succédé la semaine dernière, à savoir :

La révision de la loi sur l’aménagement du territoire : le jeu des 7 différences

Devant un auditoire de 160 personnes, le colloque du 30 mai dernier a réuni des experts vaudois et valaisans pour examiner la portée de la deuxième révision de la loi sur l’aménagement du territoire (LAT2) sur les bâtiments patrimoniaux sis hors de la zone à bâtir. Une analyse fine montre que parmi les rares modifications prévues, l’introduction d’une prime à la démolition risque de mener à la disparition du patrimoine vernaculaire. De plus, cette révision ne permettra pas de résoudre les problèmes liés à la sauvegarde du patrimoine dispersé. En effet, l’article consacré à l’habitat traditionnellement dispersé ne s’appliquerait qu’aux bâtiments ayant déjà accueilli de l’habitat permanent et ne concernera ainsi que les régions agricoles spécialisées dans la culture ; cette disposition ne permettra pas de sauver le patrimoine vernaculaire des régions de montagne (élevage), notamment vaudoises et valaisannes. Les Cantons de Vaud et du Valais semblent cependant convaincus de l’importance d’opter pour une lecture qui tienne compte des particularités de chaque objet patrimonial.

Le manège du château de Mathod ou l’éloge de la sobriété énergétique

A l’occasion de son assemblée générale à Mathod le 1er juin qui a réuni plus de 130 personnes, la section vaudoise de Patrimoine suisse a remis la Distinction vaudoise de Patrimoine suisse 2024 à la famille Hernan-Rivier et au bureau Dolci Architectes (Yverdon) en présence de Mme la conseillère d’Etat Isabelle Moret.

La Distinction 2024 récompense un projet qui a su trouver des solutions spécifiques, innovantes et durables, adaptées au manège de Mathod, construit au 18e siècle. En optant pour une combinaison de stratégies constructives – boîtes dans la boîte, isolations classiques, espaces non isolés – le projet atteint simultanément les objectifs de conservation patrimoniale et d’efficacité énergétique, ainsi que ceux d’une grande qualité architecturale. Sa conversion en chambres d’hôtes et en logement permet d’assurer sa pérennité.

Deux autres projets de qualité ont été nominés au 2e rang ex æquo : la transformation d’un chalet du XIXe siècle dans la vallée des Ormonts et la restauration des anciens ateliers de reliure Mayer & Soutter à Renens.

La Tour-de-Peilz, le 2 juin 2024

Photos: Liubov Krivenkova.

Loi sur l’électricité: votation populaire du 9 juin


29 mai 2024

À l’automne 2023, le Parlement a adopté la loi fédérale relative à un approvisionnement en électricité sûr reposant sur des énergies renouvelables. Le référendum ayant abouti, nous sommes appelés à voter sur ce texte le 9 juin 2024. Patrimoine suisse renonce à donner un mot d’ordre.  

Pour Patrimoine suisse qui se concentre avant tout sur la protection des édifices et des sites construits de valeur, cette loi sur l’électricité ne revêt pas une importance capitale. Nous sommes préoccupés avant tout par la nouvelle teneur de l’art. 18a al. 1 LAT. Selon cette disposition, il sera possible à l’avenir d’installer des panneaux solaires non seulement sur les toits mais aussi sur les façades sans permis de construire, c’est-à-dire sans contrôle des autorités. Cette dispense était valable jusqu’à présent uniquement pour les toits mais son extension aux façades est un saut quantique. Comme pour les toits, cet article prévoit des restrictions dans le cas des monuments nationaux ou cantonaux ou des sites similaires. Il n’en demeure pas moins que les panneaux solaires en façade seront possibles sur plus de 90% des bâtiments. Beaucoup d’entre eux – situés par exemple en zone industrielle – se prêtent très bien à un tel usage mais il y a aussi de nombreux quartiers et localités dignes d’intérêt qui ne sont pas recensés à l’Inventaire fédéral des sites construits d’importance nationale à protéger (ISOS). Des façades noires y causeraient de très gros dommages.

Il ne sera pas facile d’expliquer aux propriétaires de maisons pourquoi l’élargissement d’une fenêtre nécessite un permis de construire alors que la façade à colombages d’une ferme peut être recouverte de panneaux solaires sans la moindre autorisation. À cause de telles incohérences, cette loi suscite le scepticisme parmi de nombreux professeurs de droit public dans les hautes écoles.

Notre coeur balance

L’auteur de ces lignes a discuté de ce projet avec de nombreux membres de Patrimoine suisse et a recueilli des opinions très différentes. En résumé, l’objet est rejeté en majorité par les personnes très liées à la culture du bâti alors qu’il est approuvé par celles qui s’intéressent davantage à la politique climatique. Ces deux positions sont fortement représentées dans notre association et la plupart d’entre nous ont le coeur qui balance, d’autant plus que Patrimoine suisse soutient expressément la promotion des énergies renouvelables. Pour cette raison, un rejet du projet de loi sur l’électricité était a priori exclu.

Face à ce dilemme, une grande majorité des représentants des sections et des milieux spécialisés dans notre association souhaitaient donner la priorité à la protection des bâtiments et des sites de valeur, même s’ils accordaient aussi une grande importance aux mesures en faveur du climat. À l’inverse, une minorité voulait placer le climat au premier rang. Après une discussion approfondie, la conférence des présidentes et des présidents a décidé de ne pas donner de mot d’ordre pour la votation sur la loi sur l’électricité (acte modificateur unique) du 9 juin 2024. Finalement, les deux positions ne pouvaient pas être conciliées. Notre association doit vivre avec de telles contradictions.

Martin Killias, président de Patrimoine suisse

Plus d’informations sur le thème patrimoine bâti, énergie et climat sous patrimoinesuisse.ch/environnement-et-developpement-durable